Uncategorized

les gens qu’on aime #17

Le défi du Dr Caso. Aujourd’hui, quelqu’un qu’on n’a fréquenté que peu de temps.

C’était l’hiver, je crois, fin 2003 ou début 2004. J’avais répondu à un appel reçu je ne sais plus trop comment, sans doute un des altertrucs rencontrés l’été d’avant*. J’avais un sac à dos rempli de marqueurs et de crayons de maçon. Je me suis retrouvée à l’heure dite, métro Château d’Eau. Sur le quai je remarque deux jeunes hommes, qui semblent chercher la même chose que moi. Nous nous présentons, l’un s’appelle David et l’autre Jonathan et cela nous fait bien rire.

Nous avons fini par être une trentaine. Notre groupe joyeux s’est baladé toute la soirée dans le métro pour barbouiller des affiches de pub ou y rajouter des slogans. Nous étions les antipubs.

J’ai toujours aimé ces ambiances de groupe élastiques, désordonnées, débordantes de bonne volonté, je garde un souvenir enchanté de ces moments. Il y a eu ce soir là et bien d’autres, groupe mouvant, toujours de nouvelles têtes, d’autres qu’on retrouve souvent, il me semble qu’il y avait toujours Jonathan, peut-être parce que nous nous étions débrouillés pour. Souvent, les soirées se terminaient « chez Marie » (en fait, dans un immeuble squatté, chut), et puis nous marchions des heures pour retrouver un bus de nuit.

Je ne sais pas très bien expliquer la relation que j’avais avec lui. Il y avait une fluidité entre nous, une évidence. La première fois que je l’avais rencontré, il m’avait dit être sur le point de partir. Il était là la fois suivante, me dit avec un haussement d’épaule qu’il avait retardé un peu son départ, et puis je n’ai plus jamais rien demandé car j’étais trop contente de le retrouver. Il n’avait pas de téléphone et vivait dans un squatt, nous nous donnions des rendez-vous incroyables comme « devant les trois lois de la robotique, samedi à 18h ». Nous allions voir des expos photos bizarres et comparions les meilleurs points de vue de Paris (mon préféré c’est le belvédère de la rue Piat). C’était sans doute parce qu’il avait parlé de partir qu’il y avait cette impression un peu magique, hors du temps, juste le moment présent. Je me souviens de sa voix, de son rire, de sa présence à mes côtés, solide et souple. Je n’étais pas amoureuse, j’étais enchantée, fascinée.

Au bout de quelques mois, il était en train de jouer avec l’emballage en papier de sa paille quand il m’a dit qu’il aimerait, espérait, attendait que je parte avec lui. Et qu’il fallait que je me décide.

Je te veux dans ma vie, mais ma vie c’est pas ici.

Il est parti sans moi.

Bien sûr que je regrette, parfois.

*Le Larzac 2003, qui n’était pas un festival mais un rassemblement altermondialiste. J’y ai appris plein de trucs et rencontré foultitude de gens chouettes.

Par défaut

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s